Pourquoi le bleu plaît aux Françaises ?

Imitation azzulejos, céramique bleu

40 % aiment le bleu.

Le bleu est partout. Dans nos vêtements, nos objets, nos intérieurs, nos paysages… Et il semble avoir une place toute particulière dans nos préférences. Mais pourquoi le bleu plaît aux Françaises ? Est-ce parce qu’il est associé au calme ? Parce qu’il nous rappelle le ciel et la mer ? Ou parce que nous avons simplement grandi entourées de cette couleur ?

La réponse est forcément un peu plus complexe. Et surtout, elle ne tient pas dans une simple phrase du type « le bleu est une couleur apaisante ».

Pourquoi le bleu plaît-il autant ?

Papier peint Heather dégradé de bleu qui s'associe avec tout univers!

On l’associe souvent au calme, à la sérénité, à la confiance ou encore à la sécurité. Il suffit de regarder autour de vous : le bleu à une place très présente dans notre quotidien, des vêtements aux logos, en passant par les voitures et, bien sûr, la décoration.

Mais attention aux raccourcis. Une couleur ne provoque pas exactement la même sensation chez tout le monde. Votre histoire personnelle, votre culture, vos souvenirs ou même vos habitudes peuvent complètement modifier votre perception.

Un bleu peut vous rappeler les vacances au bord de la mer et vous donner immédiatement envie de respirer à pleins poumons. Pour quelqu’un d’autre, il peut évoquer un uniforme scolaire ou une salle d’attente un peu tristounette.

Même couleur, deux ressentis différents.

C’est justement ce qui rend la couleur intéressante : elle n’est jamais totalement objective.

Un léger plongeons dans l’histoire pour mieux comprendre cette couleur fascinante.

peinture bleu et son dégradé

Aujourd’hui, le bleu nous semble tellement familier qu’on en oublierait presque qu’il n’a pas toujours occupé la place qu’on lui connaît. Et même son nom raconte une histoire.

Le mot « bleu » ne vient pas du latin, comme beaucoup de mots français. Il serait issu de l’ancien bas francique blao, qui a donné le latin médiéval blavus. À l’origine, le terme pouvait évoquer une teinte pâle, livide ou bleuâtre. Bref, rien à voir avec notre joli bleu Klein !

Et puis il y a le mot « azur », dont l’histoire est tout aussi intéressante. Il vient du latin médiéval azurium, lui-même issu de l’arabe lazaward, qui désignait le lapis-lazuli, cette pierre d’un bleu profond provenant notamment des régions correspondant aujourd’hui à l’Afghanistan.

Pendant longtemps, obtenir un beau bleu pour peindre n’était donc pas une mince affaire. Les Égyptiens avaient déjà mis au point, vers 2600 avant notre ère, un pigment artificiel appelé bleu égyptien, fabriqué notamment à partir de cuivre, de sable calcaire et de natron.

le bleu dans l'enluminure. source pinterest

Mais pour les artistes européens du Moyen Âge, l’un des bleus les plus précieux venait du lapis-lazuli. Réduit en poudre, il donnait le fameux bleu outremer. Et « outremer » porte plutôt bien son nom : le pigment devait venir de très loin, notamment d’Afghanistan. Son extraction était longue et complexe, ce qui pouvait le rendre extrêmement coûteux, parfois même plus cher que l’or. Il était donc réservé aux œuvres les plus prestigieuses.

Au début du XVIIIᵉ siècle apparaît également le bleu de Prusse, l’un des premiers pigments bleus synthétiques modernes. Découvert accidentellement à Berlin autour de 1704, il offre aux artistes un bleu intense, plus accessible que le précieux outremer, et va rapidement trouver sa place dans la peinture, les arts décoratifs et l’impression.

Puis, au XIXe siècle, changement de décor : la chimie permet enfin de fabriquer un outremer synthétique. En 1826, Jean-Baptiste Guimet met au point un procédé qui rend ce bleu beaucoup plus accessible. Et soudain, le bleu quitte progressivement son statut de couleur rare et précieuse pour entrer beaucoup plus largement dans notre quotidien.

Pas mal pour une couleur qui aujourd’hui se retrouve aussi bien sur un mur, un jean, une assiette ou un motif floral !

Alors, quand on vous demande pourquoi vous aimez le bleu, vous pouvez désormais répondre que vous aimez peut-être simplement une couleur qui a traversé les siècles, les continents et les ateliers d’artistes avant d’arriver jusque dans votre salon.

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Quand vous dites « j’aime le bleu », de quel bleu parle-t-on exactement ?

Parce qu’entre un bleu ciel, un bleu pétrole, un bleu canard, un bleu Klein, un bleu gris ou un bleu nuit, il y a quand même un petit monde.

Et surtout, ces bleus ne produisent pas du tout la même ambiance dans un intérieur :

Un bleu : Très clair peut apporter une sensation de fraîcheur et de légèreté. Une teinte profonde peut donner davantage de caractère et créer une atmosphère enveloppant. Ou encore, légèrement grisé sera beaucoup plus discret qu’un bleu franc et saturé.

Il faut également tenir compte de la température de la couleur. Certains bleus tirent légèrement vers le violet et peuvent sembler plus chaleureux, tandis que d’autres, proches du vert ou très froids, donneront une impression différente.

Alors, si vous pensez ne pas aimer le bleu, posez-vous cette question : quel bleu n’aimez-vous pas ?

Car il est tout à fait possible de détester un bleu glacier et d’adorer un bleu pétrole.

C’est un peu comme dire « je n’aime pas les fleurs » après avoir croisé uniquement des chrysanthèmes sur le chemin. Il faudrait peut-être vérifier avec les pivoines avant de rendre votre verdict !

Il y a une raison assez évidente pour laquelle le bleu occupe une place particulière dans notre imaginaire : nous le rencontrons énormément dans la nature.

Le ciel, la mer, certains paysages, les montagnes lointaines… Le bleu est associé à de grandes étendues qui peuvent donner une impression d’espace et de profondeur.

Ce rapport à notre environnement participe à nos associations avec cette couleur. Mais là encore, pas question d’en faire une règle universelle.

Le contexte compte énormément.

Un bleu intense utilisé sur un petit pan de mur ne sera pas perçu comme un grand ciel ouvert. Dans une pièce sombre, un bleu profond pourra paraître beaucoup plus dense. À l’inverse, dans une pièce baignée de lumière naturelle, une teinte soutenue peut prendre une toute autre dimension.

C’est pour cela que choisir une couleur uniquement à partir d’un nuancier ou d’une photo Pinterest peut être risqué. Votre mur n’habite pas sur Pinterest. Il vit avec vos fenêtres, votre orientation, vos meubles, vos matières et la lumière qui change au fil de la journée.

Le grand avantage du bleu, c’est justement son immense variété.

Il peut être discret ou spectaculaire, frais ou enveloppant, lumineux ou profond. Il peut accompagner une décoration très naturelle avec du bois et des fibres végétales, mais aussi devenir beaucoup plus graphique avec du rouge, du rose ou du jaune.

Et contrairement à une idée reçue, utiliser du bleu chez soi ne signifie pas forcément transformer son salon en cabine de plage.

Vous pouvez choisir un bleu très pâle pour apporter une sensation de légèreté, un bleu vert profond pour créer une ambiance plus enveloppante ou un bleu très franc pour donner du rythme à une pièce.

La question n’est donc pas seulement : « Est-ce que j’aime le bleu ? »

Demandez-vous plutôt : « Qu’est-ce que j’aime dans ce bleu et qu’ai-je envie de ressentir dans cette pièce ? »

C’est là que la couleur devient réellement intéressante dans un projet de décoration.

Le bleu ne s’arrête évidemment pas aux murs de nos maisons. De nombreuses femmes artistes ont aussi exploré ses possibilités, chacune à leur manière.

Georgia O’Keeffe, par exemple, lui a consacré Abstraction Blue en 1927, une œuvre où les nuances de bleu deviennent presque une matière à part entière.

Joan Mitchell, elle, a largement travaillé autour du paysage, de la couleur et du geste, avec des œuvres où les bleus dialoguent avec des verts, des jaunes ou des teintes plus vives.

Quant à Sonia Delaunay, elle a fait de la couleur un véritable terrain d’expérimentation, jusque dans le textile, la mode et les motifs : chez elle, le bleu pouvait notamment rencontrer son complémentaire, l’orange, pour créer des contrastes particulièrement dynamiques.

Et puis il y a des artistes contemporaines comme Koralie Carmen Flores, qui explorent à leur tour la couleur et les univers graphiques. Toutes montrent finalement une chose : le bleu n’est pas condamné à être sage, calme ou discret. Il peut être vibrant, puissant, graphique, profond ou complètement inattendu.

Alors, peut-être que si le bleu plaît autant, c’est aussi parce qu’il peut raconter des histoires très différentes selon la personne qui le regarde.

On aime parfois une couleur sans vraiment savoir pourquoi.

Une robe portée pendant un voyage, la couleur d’une maison de vacances, une chambre d’enfance, un paysage qui vous a marquée… Nos préférences peuvent être liées à tout un tas de souvenirs et d’expériences.

Voilà pourquoi je me méfie des affirmations toutes faites du genre « si vous aimez le bleu, c’est que vous êtes forcément calme et organisée ».

Vous êtes peut-être simplement tombée amoureuse d’un magnifique bleu outremer lors d’un voyage en Grèce !

La couleur peut nous interpeller, nous attirer ou nous repousser, mais elle ne résume pas notre personnalité.

Et c’est une excellente nouvelle : vous n’avez pas besoin de correspondre à une case pour avoir le droit de peindre votre salon en bleu électrique.

imitation azzulejo bleu

Il n’existe finalement pas une seule réponse.

Le bleu peut évoquer la nature, le ciel, la mer, certains souvenirs, une sensation de calme ou simplement une nuance que l’on trouve belle. Son immense variété permet aussi à chacune d’y trouver son compte.

Et puis, soyons honnêtes : aimer le bleu ne veut pas forcément dire vouloir vivre dans un intérieur bleu du sol au plafond.

Vous pouvez simplement avoir un coup de cœur pour un vase bleu cobalt, une porte bleu pétrole, un fauteuil bleu électrique ou un motif floral qui mélange bleu, rose et jaune.

La couleur n’a pas besoin d’envahir une pièce pour avoir son mot à dire.

Si le bleu plaît autant, c’est sans doute aussi parce qu’il offre une palette de possibilités presque infinie. Mais plutôt que de chercher le bleu parfait, commencez par observer celui qui vous attire réellement.

Regardez-le chez vous, avec votre lumière, vos meubles et les autres couleurs présentes dans la pièce. Testez, comparez, laissez-vous le temps de voir comment il évolue au fil de la journée.

Parce qu’en décoration, une couleur ne se choisit pas uniquement parce qu’on vous a dit qu’elle était apaisante, tendance ou « parfaite pour telle pièce ».

Elle doit surtout trouver sa place chez vous.

Et si vous avez envie d’aller plus loin pour comprendre les couleurs qui correspondent à vos besoins et à votre intérieur, réservez une consultation en chromothérapie et faisons ensemble le point sur votre palette idéale.

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